| Les non initiés à l’Astrologie ont le droit de se questionner sur la réalité d’un zodiaque auquel tout le monde se réfère soit en consultant les horoscopes, soit en en faisant la critique.
Parmi les astrologues, il en est même qui, parce que trop tendus vers l’indicible charme du 'firmament fatal' délaissent au tiroir de l’oubli les racines concrètes de leur art. Pour parler du zodiaque, on peut emprunter au grand réservoir des métaphores désuettes et innonder les ondes d’une poésie incontinente (inconsistante) : Oh ! Cancer, eaux-mères calmes et profondes à la source murmurante ! Ou bien, par référence à la Tradition, concevoir le zodiaque et la qualité des signes par la combinaison d’agents météorologiques. Le froid, le chaud, l’humide et le sec définiront alors un clavier analogique trop imparfait pour cerner la complexité du réel.
Une démarche plus féconde en terme de compréhension et de cohérence consiste à tenter de relier réalités astronomiques (externes) et réalités humaines (internes), de mettre en lumière leur relation physique et dynamique.
Commençons par définir l’objet de notre petite incursion - un peu technique - entre ciel et terre. Le zodiaque est la zone de la voûte céleste où l’on observe la course annuelle du Soleil et des planètes. Par convention, elle s'étend d’environ 9° de part et d’autre de l’écliptique (course apparente du Soleil). L’origine du zodiaque est fixée, toujours par convention, à 0° du Bélier et marque l’équinoxe de printemps. C’est astronomiquement le point d’intersection de l’équateur céleste et de l’écliptique (fig.1). La deuxième intersection correspond au 0° de la Balance et marque donc l’équinoxe d’automne. Ce zodiaque qui est une bande de 360° est divisé en 12 portions égales de 30° qui définissent ainsi les 12 signes zodiacaux.
Voilà donc dessiné le 'cadre' astronomique qui nous occupe et qui est pour le moment un théâtre sans acteurs, car ce sont le Soleil et les planètes de notre système solaire qui donneront à ce zodiaque théorique toute sa réalité. Observons, par exemple, la course annuelle du Soleil sous l’angle des durées relatives des jours et des nuits (1) : à partir de l’équinoxe de printemps, la durée du jour - en croissance depuis le début de l’hiver - domine celle de la nuit et, dès l’équinoxe d’automne c’est l’inverse qui se produira, les nuits prendront leur revanche sur les jours. Ce cycle des variations de durées (voir fig.2) porte le nom de zodiaque photopériodique. Ce zodiaque n’est ni mythique, ni symbolique, il exprime en fait la modulation d’un signal externe (jour/nuit, présence/absence des astres dans la sphère locale) auquel l’homme répond par le biais de son système neurobiologique. Système, on le sait, extrêmement complexe, capable de gérer et traiter les signaux les plus infimes de l’environnement. Ce retour au signal concret aura donc l’avantage de donner un fondement naturel au zodiaque. Et si on est en droit de penser que le langage humain reflète les variations, équilibre et déséquilibre de l’environnement, ce zodiaque naturel peut permettre alors de comprendre la logique sous-jacente de nos motivations. Il aurait la vertu de nous replonger aux sources naturelles de la symbolique et d’apporter un regard neuf et moderne sur les figures mythiques que nous a léguées la Tradition.
L’ambition de cet article n’est pas d’exposer les détails théoriques de la circulation entre signaux concrets, symboles, et signaux abstraits (2) mais de tenter de montrer qu’il existe bel et bien une relation naturelle - non magique - entre nos attitudes (pensées, actes) et l’influence qu’exerce sur nous notre environnement géo-solaire.
Revenons aux variations du signal jour-nuit qui, sous nos latitudes, berce aux rytmes des saisons, notre séjour dans les bras de notre mère à tous, la Terre. Nous avons vu plus haut que ces variations s’inscrivent dans un cycle annuel dans lequel nous pouvons relever trois temps forts au sein de chaque saison. D’une part, les moments de l’année où s’égalisent les jours et les nuits (équinoxes), d’autre part, les périodes marquées par une nette prépondérance d’un des deux pôles jour ou nuit (solstices), et enfin, les époques de l’année où jours et nuits coexistent dans un rapport de proportion moyen (milieux de saison). La relation posée : jour = excitation, nuit = inhibition (3), va permettre de passer du signal jour-nuit au signal excitation-inhibition qui est à la base de tout processus nerveux. C’est-à-dire qu’au cycle annuel, dont chaque signe du zodiaque est un temps propre, répond dans l’homme un cycle interne fait d’excitations et d’inhibitions. L’Astrologie moderne a codé la sensibilité nerveuse à ces 3 temps forts de chaque saison par :
1° Un sens des contraires : le sujet né aux périodes d’équinoxe perçoit un antogonisme fondamental, conséquence de l’égalité jour-nuit. Les signes zodiacaux Bélier, Poissons, Vierge et Balance seront plus que d'autres sensibilisés aux contrastes et antagonismes (ex. : Le blanc n’est pas le noir).
2° Un sens des combinaisons : le sujet né en milieu de saison perçoit un dosage, il a le sens des combinaisons. Cas des Taureau, Lion, Scorpion, Verseau (ex. Du blanc avec un peu de noir)
3° Un sens de synthèse : le sujet né aux alentours des solstices perçoit une généralisation, il a le sens de synthèse. Cas des Gémeaux, Cancer, Sagittaire, Capricorne (ex. Que du blanc ou que du noir).
A ce stade de notre description du zodiaque naturel, une structure rythmique s’ébauche avec en corollaire une typologie qui ne relève pas de la pure symbolique attachée aux idéogrammes zodiacaux (les eaux-mères qu'évoque l'écrevisse du Cancer, l' ambivalence du Capricorne figurée par son corps mi-bouc, mi-poisson, etc.). Car derrière la symbolique, un autre niveau de réalité se profile. Et, il va de soit, qu'en poussant encore plus loin notre description, nous pouvons dérouler toute la logique naturelle du zodiaque en ses termes fondamentaux.
Ainsi en posant les nouvelles relations suivantes : croissance = vitesse et décroissance = lenteur4, les signes de printemps (Bélier, Taureau, Gémeaux) qui se caractérisent par la croissance des jours, (i.e une vitesse d'excitation) induiront des comportements vifs, alertes, des démarrages au quart de tour. Les signes d'été (Cancer, Lion, Vierge) caratérisés par la décroissance des jours (qui diminuent dès le début de l'été), seront codés par conséquent en Lenteur d'excitation et induiront des réactions retardées, progressives, lentes, contrôlées... Pour l'automne la même logique s'appliquera pour le processus dominant qui sera cette fois-ci l'allongement de la durée des nuits (=Vitesse d'inhibition), alors que l'hiver sera marqué par la décroissance des nuits (= Lenteur d'inhibition). Toute la richesse de ce clavier "réflexologique" élémentaire repose en fait sur ses possibilités combinatoires. Si vous m'avez suivi, les Bélier seront donc marqués par un sens de contraires combiné à une vitesse d'excitation. Traduction : mobilisation instantanée des forces, réponses rapides sur un mode alternatif (sens des contraires), ce qui peut déboucher sur des changements de tactiques brusques et imprévisibles, etc. Quant aux Gémeaux, la vitesse d'excitation s'allie avec le sens de synthèse. Résultat : les réactions d'excitation se diffusent à l'extrême, le type Gémeaux sera un personnage à facettes multiples. Alors que le Bélier, par son sens des contraires se plaçait plutôt dans une dynamique d'exclusion, les Gémeaux tenteraient plus de faire coexister les contradictions, de les faire communiquer, coopérer, etc.
Les portraits s'enchaînent, découlent ainsi les uns des autres grâce à une logique interne qui doit sa cohérence à la logique externe des cycles de variations du signal jour/nuit. Parce que le Miroir de la Lune ne me permet pas de développer in extenso toute la richesse de cette approche, je vous invite donc à poursuivre cette investigation au coeur du zodiaque en vous renvoyant aux ouvrages suivants : Pour une Astrologie Moderne de J.P. NICOLA (Sand), L'Astrologie Universelle, présentée par Françoise Hardy (Albin Michel), et le Manuel d’Astrologie Universelle de R. PELLARD (Col. La roue céleste - Dervy). |